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| TEMOIGNAGES
DU TERRAIN : |
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- Bernard,
volontaire Enfants Réfugiés du Monde (ERM) -
Michel, animateur local pour ERM -
Mohamed Mara, jeune réfugié -
Frédéric, formateur bijouterie au Liban, volontaire SCD
- Cédric, volontaire
SCD au Sénégal -
Chantal, Infirmière dans un dispensaire de brousse, volontaire
SCD - Marie, volontaire AFVP au Samu social au Mali -
Nicolas, volontaire AFVP en Guinée Conakry -
Paulette, infirmière, volontaire Médecins du Monde
- Luigi, chirurgien,
volontaire Médecins du Monde |
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| « Je peux affirmer
au nom de 90% des volontaires que je connais que nous faisons
cela dans un but humanitaire, parce que cela nous motive de
participer à la lutte des exclus pour leur reconnaissance
sociale et politique. Nous avons tous des capacités
professionnelles certaines que nous mettons au service des
opprimés parce que cela vaut mieux que de les utiliser
pour vendre des balais-brosses ou même pour faire fonctionner
une quelconque administration. Cela vaut mieux pour qui ?
Pour tout le monde, pour ceux que l’on aide, pour ceux
qui sont à Paris, pour l’image de marque des
financeurs et bien sûr pour nous lorsque nous nous sourions
dans la glace le matin. […] Parce que tous ces sourires,
ceux des enfants, je ne veux pas les perdre ».
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| « [Au début]
j’étais désorienté tant dans mon
esprit que dans mes attitudes face à cette marée
d’enfants qui me sautaient dessus, couraient ici, parfois
pleuraient là … et dont j’avais la lourde
responsabilité. Je me voyais souvent fragile devant
certaines situations d’enfants et Boodou fut pour moi
un centre d’initiation aux multiples techniques d’animation
avec les enfants et j’ai beaucoup appris durant les
formations proposées par ERM. […] Aujourd’hui,
ce travail qui me paraissait pénible est devenu une
passion. Voir les enfants se déplacer dans la maison
des enfants, jouer et courir me procure beaucoup de plaisir.
Je n’avais jamais pensé avoir un rôle important
dans la vie des personnes ». |
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| « Les animateurs nous
comprennent. Si nos parents ne peuvent pas nous comprendre,
c’est difficile de leur exprimer nos sentiments sauf
pendant les visites des animateurs d’ERM ».
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| A coté de ma mission
première de reprendre en main la section formation
de Bijouterie de la Fondation d’Al Kafaât (deux
classes avec 25 élèves au total), le second
volet de ma mission est d’une autre envergure. Il s’agit
de la création d’un atelier Ecole-Entreprise
de bijouterie joaillerie pour la rentrée 2005 pour
former 90 jeunes. Ce projet impose au niveau pédagogique
une révision complète du programme avec entre
autres diversification des filières ( design –
polissage – sertissage …) et la création
et mise en place d’un atelier de production en sous-traitance
de bijoux en or pour le compte de grands joailliers libanais.
Un atelier de 800 m2 est actuellement en cours d’aménagement.
C’est à moi qu’il revient de définir,
avec les ingénieurs et architectes, l’agencement
de l’atelier. Dans les semaines à venir, il faudra
songer à planifier les achats de machines et outillage
et à constituer une équipe de professeurs et
de responsables de la production. L’ampleur de la tâche
me submerge parfois mais je me sens chaque jour plus investi
dans le projet, sûr de son intérêt pour
la Fondation Al Kafaât, pour la joaillerie libanaise
mais surtout pour ces jeunes à nous confiés
qui seront des acteurs de la vie économique de ce pays.
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| Le jour où j’ai
posé le pied en terre sénégalaise, j’ai
perdu en une fraction de seconde toute l’assurance,
la confiance en moi et le « take it easy » dont
je me croyais si riche. Enfin, dont j’avais réussit
à me persuader si riche. . . Les premiers temps furent
riches de doutes, d’interrogations et d’émerveillements.
Les yeux écarquillés, le cœur en proie
à la crainte, je découvrais les premières
scènes de cette pièce tant de fois répétée.
Même si depuis lors chaque jour apporte encore son lot
de surprises, de bonheurs et d’indignations, ces premières
impressions gardent toujours une odeur particulière
qui me revient souvent aux narines.
L’adaptation et l’intégration sont, durant
les premiers temps, une priorité et une très
grande source de motivation. Mais on ne peut pas dire que
cela demande un grand effort ou quelques sacrifices que se
soit. Etre ouvert, curieux, souriant, attentif, à l’écoute,
tolérant, bref être soi même tout simplement
est le meilleur moyen de s’adapter.
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Je suis infirmière
en brousse à Madagascar, je tiens un petit dispensaire
de 18m², je travaille officiellement six jours par semaine,
mais quand on sait que je suis là on vient me chercher
peu importe le jour ou l’heure. Le mercredi matin je
fais les vaccinations dans les villages, et le vendredi je
vais en ville avec les patients que je ne sais pas soigner
où qui demandent des soins plus spécifiques
ou encore pour porter les analyses. Les pathologies sont des
plus diverses : paludisme, infections respiratoires multiples
y compris l’asthme, schistosomiase, plaies infectées,
problèmes cutanés, malformations, handicap,
poliomyélite, traumatisme par objet tranchant (une
oreille coupée, un genou mutilé, un doigt coupé
etc.) Sans pouvoir faire d’analyse poussée je
dois soigner au mieux de mes connaissances. Ce qui n’est
pas toujours facile. Le difficulté se situe là
: je suis la seule à pouvoir juger si ce que je fais
est bon ou non. Ce qui émotionnellement n’est
pas toujours facile. Ma plus grosse responsabilité
est d’avoir entre mes mains la vie des gens. Malgré
une formation d’infirmière en médecine
tropicale et un travail en soins continus (idem ou presque
que les soins intensifs sans les intubations) en Suisse pendant
trois ans, je ne suis pas médecin, dermatologue, chirurgien,
pédiatre, sage-femme ou que sais-je encore. Parfois
tous ces chapeaux sont un peu lourds à porter pour
une seule et même personne et ce même si je crois
bien m’en sortir. Habituée à travailler
entourée d’une équipe multidisciplinaire,
je me trouve parfois bien seule au fond de la brousse.
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Assistante sociale
à Roubaix, Marie Veillon, 26 ans, est à présent
détachée comme Volontaire du Progrès
dans une association partenaire de l'AFVP, le Samu social-Mali.
Bamako, 20 h. C'est l'heure de démarrage de la "maraude",
tournée de nuit dans la capitale malienne. À
la rencontre des enfants vivant dans la rue. Dans le camion
blanc du Samu social ont pris place un médecin, le
docteur Ben Aboubacar, un travailleur social, le chauffeur...
et la volontaire. Marie raconte : "Les jeunes en situation
de grande précarité sont environ 4500 à
Bamako. Parmi eux, des talibés, élèves
des écoles coraniques en rupture avec leur marabout,
ou encore des enfants issus du milieu rural en conflit avec
leur famille d'accueil." Souriante, Marie semble à
l'aise dans ses baskets."Grâce aux collègues
vraiment sympas, j'ai réussi mon insertion", assure
la volontaire. Outre deux tournées nocturnes par semaine,
elle anime les réunions de synthèse de l'équipe
et mène le dialogue avec les autres ONG maliennes qui
se préoccupent de l'enfance en difficulté. Elle
rédige aussi la publication trimestrielle de l'ONG,
dont le titre - "Le lien social" - est déjà
un manifeste. Marie Veillon retient le bon côté
des choses. « Ici, remarque-t-elle, on ne stigmatise
pas les jeunes de la rue. Pas d'opération de "nettoyage
social" comme en Amérique latine. Les chances
d'une possible réinsertion sont donc plus grandes ».
C'est le sens de son engagement. Au terme des deux années
de son contrat, en septembre 2004, elle reprendra le travail
avec les ados de Roubaix. "J'aurais sans doute beaucoup
mûri grâce à cette formidable expérience
humaine et professionnelle".
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Guinée Conakry
- Nicolas Clargé s'épanouit totalement sur le
programme de construction d'infrastructures rurales dont il
a la responsabilité. Portrait d'un homme heureux.
Nicolas s'investit à fond dans sa nouvelle mission
avec deux autres volontaires et onze salariés guinéens.
“C'est une chance à mon âge [27 ans] d'avoir
de telles responsabilités techniques et financières
puisque le budget 2002 s'élève quand même
à plus de 2 millions d'euros. " Des responsabilités
qu'il assume d'autant plus volontiers que ce parisien qui,
double nationalité franco-anglaise oblige, a fait une
grande partie de ses études d'ingénieur génie
civil en Grande-Bretagne et se passionne pour les travaux
publics. "J'aime voir les choses se réaliser"
Et peut-être plus que ça encore, il aime ''l'Afrique''.
"Pendant longtemps, j'ai été un idéaliste
: j'ai cru à cet idéal d'aller aider des gens
à se développer. Je l'ai très vite perdu…
La coopération est avant tout un outil de politique
internationale.
Les bailleurs de fonds allouent plus ou moins de crédits
à tel ou tel pays en fonction de son importance stratégique."
Résigné Nicolas ? Un peu sans doute mais surtout
foncièrement positif. "Finalement, cela n'a pas
beaucoup d'importance que je ne sois sans doute qu'un pion
dont la présence ici dépend des intérêts
de l'Etat français. Plutôt que de baisser les
bras à cause de ces questions qui me dépassent,
je préfère me concentrer sur ce qui se passe
ici à Dabola. Ce qui importe avant tout, c'est que
localement on travaille avec des gens qui sont hyper motivés
et pour lesquels ce que nous faisons a une véritable
importance." Et puis, il y a tout le reste. Ses deux
collègues guinéens avec lesquels il a noué
des relations très fortes, tant professionnelles qu'amicales:
"ils s'investissent totalement dans le projet. Rien que
pour les connaître, cela valait le coup de venir ici".
Sa vie à Dabola : pour mieux s'intégrer, Nicolas
a volontairement choisi d'habiter au centre de la ville, au
coeur des choses. "Avant que les autres volontaires ne
viennent habiter avec moi, ma maison était ouverte
à tous les enfants du quartier." Ce fan du basket
s'entraîne en effet une ou deux fois par semaine avec
l'équipe de Dabola. Il a même mis sur pied un
match amical avec la ville voisine. Bref, Nicolas de Dabola
est heureux d'être là. "J'ai l'impression
de vivre une seule vie et pas deux, avec d'un côté
le boulot et de l'autre les loisirs. Je suis peut-être
trop enthousiaste mais je suis super bien ici."
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Missions :
Arménie, Bosnie, France, Angola, Kosovo, Timor, Palestine,
Rwanda, Cambodge, Vietnam
Chacun devrait donner son temps pour faire quelque
chose. L'humanitaire est une excellente expérience
pour soi-même.
J'ai toujours ressenti une certaine sensibilité
face à la misère et aux difficultés que
rencontrent des populations. Lorsque j'étais plus jeune,
j'étais très frustrée d'observer passivement
certains événements comme la guerre du Vietnam
qui me révoltait. Mais la naissance de mes deux enfants
et la situation professionnelle de mon mari ne m'ont pas permis
de partir pendant ma vie active... Ainsi, la plus grande partie
de mon métier d'infirmière s'est effectué
à l'hôpital Beaujon à Clichy, dans le
service de chirurgie vasculaire et thoracique.
Dès que j'ai pris ma retraite, j'ai décidé
de m'engager aux côtés de Médecins du
Monde. Mes enfants étant " majeurs et vaccinés
", je pouvais désormais me consacrer à
cette passion.
En fonction du pays dans lequel je me trouve, le contenu
de mon travail diffère, allant de l'assistance du chirurgien
en bloc opératoire à un travail plus diversifié
dans les dispensaires
Selon le contexte et les installations préexistantes,
nous nous installons tantôt dans des lieux clos, tantôt
sous l'arbre de la place du village ou dans un autre abri
improvisé.
Je travaille souvent dans l'urgence, ce qui limite les possibilités
de suivi à moyen terme des patients qui viennent à
nous. Les conditions d'exercice de mon métier différent
complètement, puisque le nombre d'individus dans le
besoin est énorme.
Au Kosovo, nous allions dans des villages isolés. Une
queue impressionnante, mêlant des gens de tout âge,
tout sexe, se mettait en place dès que nous installions
notre matériel. Nous avions à soigner le plus
rapidement possible, tant la queue s'étendait au fur
et à mesure. Les plus touchés étaient
les enfants, les vieillards et les femmes… donc les
plus vulnérables. Tous étaient amaigris, affamés,
roués de coups et sales.
Ces contextes sont tellement graves que cela nous pousse à
faire au mieux. La mission que j'ai effectuée au Timor
m'a également beaucoup marquée. Dès que
nous nous rendions dans les petits villages, les hommes étaient
traumatisés et apeurés. Ils sortaient timidement
des nombreux buissons où ils avaient trouvé
refuge, après avoir compris que nous étions
des humanitaires. D'une minute à l'autre, la place
qui était déserte se peuplait d'une marée
humaine, qui arrivait de toutes parts.
Nous sommes presque toujours accompagnés d'un interprète,
qui nous permet d'établir un meilleur contact et d'être
à l'écoute des individus. En son absence, nous
travaillons dans la mesure du possible avec un chirurgien
local parlant français.
Mon engagement dans l'humanitaire m'a permis d'assouvir
un désir personnel de donner à autrui
Beaucoup de gens me demandent fréquemment si je n'appréhende
pas de partir dans certains pays. Ce n'est pas le cas, car
je ne pense pas à la peur, ni avant mon départ
ni sur place. J'ai un réel désir d'apporter
mon aide et je ne me pose pas de question lorsque je m'apprête
à partir. Evidement, cela fait toujours un drôle
d'effet d'entendre ou de voir des bombes tomber à quelques
mètres ou kilomètres de soi, mais on oublie
rapidement la peur, car il faut être efficace rapidement
et réactif.
J'ai rencontré beaucoup de monde en très mauvais
état tant physique que psychologique que je ne reverrai
sans doute jamais, particulièrement dans les contextes
de guerre. L'émotion est intense, car nous ressentons
intimement que notre action est nécessaire. Aider les
populations dans la misère est un apport personnel
énorme… |
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Missions :
Rwanda
L'humanitaire a largement concouru au choix de mon
métier de médecin
Après avoir fini mon école de médecine,
j'ai exercé mon métier de chirurgien maxillo-facial
dans des structures privées. J'ai ensuite fait une
formation qui m'a permis de partir en mission. L'humanitaire
était pour moi une de mes motivations initiale principale
pour la médecine. Depuis deux ans, je pars dans le
cadre de l'Opération sourire avec MDM au Rwanda. Nous
partons deux fois par an pendant 15 jours dans le centre hospitalier
de Kigali, qui est l'un des plus important du pays.
L'humanitaire a toujours été pour moi un rêve
de gosse. Je voulais exercer un métier qui me permette
de voyager, d'aller à la découverte d'autres
cultures. J'ai envisagé de me spécialiser dans
l'archéologie, mais la médecine me permettait
d'être plus au contact des gens.
Sur le terrain, l'environnement est différent,
mais le contenu de mon travail est sensiblement le même
Au Rwanda, mon travail est assez diversifié. J'effectue
des opérations chirurgicales sur les enfants, mais
je forme également les professionnels locaux. A terme,
l'objectif est de les rendre autonomes, afin qu'il puissent
prendre en charge seuls ce genre de cas. Lorsque je vais là-bas,
je pars avec trois expatriés: un anesthésiste,
un autre chirurgien et une infirmière.
Concernant la chirurgie en elle même, la différence
fondamentale est que nous voyons là-bas des formes
de maladie plus évoluées. Par exemple, les maladies
graves comme le cancer sont souvent décelées
tard. Les conséquences sont donc plus aiguës et
nécessitent une prise en charge très rapide.
Globalement, les séquelles sont plus marquées
et plus spécifiques au contexte. En effet, nous soignons
essentiellement les malformations comme les becs de lièvre,
mais aussi toutes sortes de séquelles liées
à des blessures de guerre. Je fais parfois des opérations
que je ne rencontre jamais en France. Les moyens matériels
dont nous disposons sont parfois insuffisants. Lorsqu'un outil
capital nous manque, nous le ramenons de France.
J'adore être confronté à des cultures
différentes
Au niveau personnel, ces trente jours au Rwanda m'épanouissent
complètement. C'est impressionnant de voir qu'à
10 00 km, au fin fond de la brousse, quelque chose de très
intense passe entre deux êtres humains, malgré
nos cadres de vie totalement éloignés.
Dans mon travail, les rapports avec les gens sont plus ouverts
et plus simples.
Pour mon métier, l'expatriation m'amène à
être face à des cas extrêmes. Cela m'a
appris à me débrouiller avec les moyens du bord.
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